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 TPE

INTRODUCTION

Le règne de Napoléon a été une parenthèse à la fois sanglante et glorieuse entre la Révolution et la Restauration dite bourgeoise. Il laisse une œuvre qui lui a survécu : le Code civil (1804), appelé en 1807 Code Napoléon.

Globalement réactionnaire, ce code donne aux femmes un statut discriminatoire et régit de façon inégalitaire les relations entre les sexes. Ainsi, à la question " qu'est ce que la femme ", la réponse apportée est claire : un être de second rang si elle n'est pas mariée, un être mineur et incapable si elle est mariée. Nuls droits politiques ou civils ne lui sont accordés. Ce code institutionnalisait en droit l'infériorité de la femme. Lui-même disait «  je n'apprécie pas les femmes qui se mêlent de politique ».

La Première Guerre mondiale bouleverse le quotidien des femmes françaises. Leurs conditions de vie sont dures en temps de guerre et leurs rôles dans la société évoluent avec le poids des circonstances et la mobilisation de toutes les énergies nationales.

La guerre rend la vie quotidienne des femmes difficiles, il s’agit tout d’abord de se procurer des biens qui se font de plus en plus rares (nourriture, combustible de chauffage..) car l’essentiel des biens de la nation est d’abord affecté à l’effort de guerre et aux poilus.

Or, certains travaux des champs et à l’usine comme le rôle de « munitionnettes » sont extrêmement physiques et éprouvants pour les corps féminins.

Des viols ont parfois été commis dans des départements occupés par les Allemands qui faisaient subir aux femmes de nombreuses souffrances physiques et morales

La guerre correspond à une forte poussée du travail au féminin : ces derniers s’impliquent aussi plus directement dans un certain nombre d’emplois. La figure de l’infirmière est typiquement féminine : l’infirmière dont l’habit blanc est synonyme de pureté, guérit les corps et les âmes. Les marraines de guerre ont aussi pour rôle de soutenir les combattants qui n’ont pas de familles ou qui se trouvent dans les zones occupées par l’ennemi. Enfin, elles ont aussi été employées dans les services publics. Dans tous les cas, l’intervention des femmes se fait au nom du service de la patrie. Dans des circonstances très difficiles, la femme a connu une transformation de son rôle pendant la guerre et elle a gagné une place plus importante dans la société.

 

II La femme s'affirme en réalité mais s’affirme-t’elle aussi à travers son image dans la publicité ?

1) MAI 68, MLF des droits à défendre

Le droit de vote est déjà un pas en avant pour les droits des femmes en 1944. Mais cela ne suffit pas, elle est toujours soumise à une certaine autorité de la part de son mari. En 1965 elle est autorisée à travailler sans l'accord de ce dernier. Cependant, un tournant a lieu en 1967 avec la loi Neurwirth qui autorise la pilule mais celle-ci n'est pas remboursée par la sécurité sociale et est difficilement prescrite. C'est donc aux alentours de cette loi que les femmes vont partir à la conquête de leur corps, travailler leur sexualité et défendre leurs libertés. Depuis 1967, des réunions concernant les relations entre les femmes et les hommes sont régulièrement organisées par une association mixte présidée par Anne Zelenski (Féministe) nommée Avenir (FMA).  Entre 1967 et 1970 d’autres groupes apparaissent mais ils ne sont qu’éphémères et n’ont pas marqués l’histoire comme  les Oreilles vertes, les Polymorphes Perverses ou encore les Petites Marguerites.  Le mouvement important que l’histoire a retenu est le MLF (Mouvement de Libération des Femmes). Parti d’un meeting publique à l’université de Vincennes au printemps 1970 au moment ou parait L'Idiot international, le premier texte féministe français qui est un Combat pour la Libération de la Femme, cosigné par Monique Wittig, Gille Wittig, Marcia Rothenburg et Margaret Stephenson, ce mouvement ne prendra de l’ampleur que le 26 aout 1970, à sa première sortie médiatique lorsque d’un petit groupe de femme déposent sous l’arc de triomphe des fleurs à la femme du soldat inconnu ayant pour slogan "Il y a plus inconnu que le soldat inconnu, Sa femme». On peut aussi lire sur leurs banderoles des slogans comme "Un homme sur deux est une femme."  A l'automne 70, paraît un numéro spécial de la revue Partisans, publié par François Maspero, intitulé « Libération des femmes, année zéro », qui rassemble des témoignages anonymes, et des textes signés par des Françaises et des Américaines. On lit dans la présentation : "Le phénomène n'est pas limité aux États-Unis. Partout en Europe occidentale, simultanément depuis plus de deux ans, en Angleterre, en Hollande, en Suède et au Danemark, en Allemagne, en France, maintenant en Italie, des groupes de femmes se sont spontanément formés pour réfléchir aux moyens de lutter contre leur oppression.". Les premières Assemblée Générales des Beaux Arts ont aussi lieu tout les mercredis soir d’une semaine sur deux. . Le mouvement de libération des femmes n'est pas une organisation, il n'y a pas et il n'y a pas à avoir 'd'équipe dirigeante'."Bien que le mouvement soit non-mixte, la question du désir lesbien et de l'homosexualité a du mal à émerger. Plusieurs militantes du MLF participeront à l'émergence du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) en mars 1971 puis des Gouines rouges connu comme groupe de liaison entre le MLF et le FHAR. On peut distinguer trois tendances principales dans le MLF. Tout d’abord il y a la lutte des classe qui tente d’associer l’analyse marxiste et les revendications féministes, ensuite il y a la tendance féministe radicales et réformistes La tendances radical se tourne vers le lesbianisme (Monique Wittig) et l’abolition le terme femme.  L’orientation réformiste s’incarne dans la Ligue du droit des femmes, présidée par, Simone de  Beauvoir, et dans plusieurs collectifs d’aide aux femmes (tels que SOS Femmes violées). Et pour finir la tendance  « Psy canalise et Politique », développé par Antoinette Fouqué qui propose une articulation de l'inconscient et de l'histoire qui a fait la spécificité d'une partie du mouvement français. Elle veut « faire émerger le sujet femme » et dégager, contre le dogme, freudien. Malgré les différences, les différents groupes appartenant à une de ces tendances se retrouvent souvent pour des actions communes comme le droit à l’avortement ou  les violences faites aux femmes jusqu’en 1976.Le vote de la loi Veil dépénalisant l'avortement, le 18 janvier 1975, est une victoire pour les féministes qui revendiquaient le droit à l'interruption volontaire de grossesse. En 1974, un premier Secrétariat d’Etat à la Condition féminine a été créé en France, et le fossé s’élargit entre les réformistes et celles qui tiennent à l’indépendance du Mouvement. En 1975, a lieu l’Année internationale de la Femme, organisée par les Nations unies. Les femmes du Mouvement de Libération des Femmes (le MLF dans son acception la plus large) ont profondément transformé la société et les valeurs à partir de la seconde moitié du 20ème siècle. Elles ont permis un bond en avant considérable des droits des femmes, notamment les réformes du droit à la maîtrise de la fécondité, l’égalité professionnelle et parentale, la loi sur la parité.

 

2) Avec l’aide de la publicité la femme tente de s’affirmer

La semaine suivant la parution du manifeste, l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a fait sa une avec un dessin s'en prenant aux hommes politiques avec la phrase « Qui a engrossé les 343 salopes ? ». C'est à ce dessin de Cabu que le manifeste doit son surnom. Il s'agit de l'un des exemples les plus connus de désobéissance civile en France. Il a inspiré en 1973 un manifeste de 331 médecins se déclarant pour la liberté de l'avortement. Il a surtout contribué à l'adoption, en décembre 1974-janvier 1975 de la loi Veil qui dépénalisait l'interruption volontaire de grossesse (IVG) lors des dix premières semaines de grossesse, un délai porté depuis à douze semaines, puis à 14 semaines.

La femme des années 1970 tente certes de s’affirmer, mais se pose aussi beaucoup de questions quant à la sexualité,  l’adultère, la contraception, l’avortement etc. La sexualité devenant de plus en plus avouée, les sources pour en parler deviennent plus nombreuses. On peut consulter les magazines féminins, notamment Marie Claire ou Cosmopolitan qui traitent de sujets comme l’amour, le mariage. Mény Grégoire présente une émission dédiée aux femmes à la radio où ces dernières peuvent librement, sans avoir peut d’être jugées, poser leurs questions et faire part de leurs impressions et de leurs doutes. De plus, des célébrités comme S. de Beauvoir qui recevaient beaucoup de lettres de femmes. Enfin, il y a des enquêtes sur la sexualité, la première connue eut lieu en 1969.

Une autre image se dégage de ce mouvement. Le cinéma fait une avancée spectaculaire et l’image de la femme dans ce dernier fait un bon en avant impressionnant. C’est ainsi qu’on voit apparaitre des films à tendance pornographique comme «  Il était une fois la chatte mouillée  » réalisé par Lucien Hustaix en 1974 et sorti en salle le 13 octobre 1976 avec des titres révélateur du genre : «  Désirs et perversions  » (1976), «  La cage aux partouzes  » (1977) ou encore «  Ah que c’est bon ! » (1978) ainsi que des affiches tout aussi explicites.

3)  Le mouvement n’est pas ressentit dans la publicité

Le MLF qui rejette une certaine image de la femme, celle de la femme objet. C'est-à-dire qu’au paravent  dans la publicité la femme était montrée comme heureuse de faire le ménage, heureuse de se montrer belle dans l’unique but de vendre un objet. A travers ce mouvement dans lequel la femme s’est affirmée, a obtenu  le droit à l’avortement. Mais son image a aussi évolué à travers la publicité. Cette évolution ne se  perçoit pas pourtant pas beaucoup. Prenons en exemple la publicité pour la marque Paul Fourticq, marque vestimentaire. Cette affiche représente un homme vêtit d’un pull de la marque précédente, avec à la main une pipe, sur ses genoux un enfant et a ses devant une femme nue, sur la moquette avec comme slogan : « Une femme, un pull et une pipe ». Cette affiche ne correspond bien sur en aucuns cas avec les droits que revendiquent les femmes dans les années 1970. Les magazines masculins tel que LUI ne montre pas une femme révolter mais une femme pin-up dont le seule but est de séduire. Ou encore elle ne se voit pas dans une publicité pour des coffrets anti brouillards pour voitures de la marque CIBIE, ou la femme présente  l’objet comme dans les années 1950.  Mais la publicité devient aussi un véritable phénomène culturel, les média analysent les images et les campagnes publicitaires. Ils transforment publicité en évènement, avec par exemple l'émission télévisée Culture Pub. Au point de vue professionnel, la femme publicitaire est en retard sur la femme de la société. En effet, depuis le 13 juillet 1965, une loi en France permet à la femme de travailler sans l'accord de son mari. Cependant, la femme qui travaille n'apparait dans la publicité que plus tard, après les années 1970, et se fait tout de même encore rare. La femme se veut plus indépendante et cela dès les années 1960, pendant lesquelles les droits de la femme dans la société s'améliorent. En effet, la femme s'émancipe sur différents plans : l'autonomie professionnelle, la libération sexuelle ; les femmes revendiquent le droit de disposer librement de leur corps.

III Une femme de plus en plus libérée dans la société ; et dans la publicité ?

1)      De nombreux droits essentiels conquis

Après le fort mouvement de révolte des femmes de Mai 1968, de nombreux droits aussi importants les uns que les autres vont être peu à peu conquis.

En 1980, pour la première fois une femme est élue à l’académie française. Il s’agit d’une écrivaine française (naturalisée américaine) auteur de romans et de nouvelles «  humanistes  » ainsi que de récits autobiographiques qui fut aussi poète, traductrice, essayiste et critique : Marguerite Yourcenar.         Le viol devient un crime  passible de quinze ans de réclusion criminelle. La loi française apporte enfin une définition précise du viol. L’article L.222-23 du Code pénal dispose que : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol ».                                         La durée du congé de maternité est portée à seize semaines pour un enfant (plus la femme attend d’enfants, plus la durée du congé sera longue).

En 1981 est crée le ministère des droits de la femme. En effet François Mitterrand est élu présidents avec un électorat largement féminin ; il transforme le secrétariat d’Etat aux femmes en ministère des Droits de la femme dont il confie la responsabilité à Yvette Roudy. De plus, pour la première fois, une femme est nommée aux fonctions de préfet, Yvette Chassagne (par le ministre de l'Intérieur Gaston Defferre)

En 1982, l’IVG est remboursé par la sécurité sociale, une loi fixe le statut des conjointes d’artisans et de commerçants qui travaillaient beaucoup auparavant sans aucune reconnaissance vis-à-vis de la loi et le gouvernement socialiste français (avec Pierre Mauroy et Yvette Roudy) instaure le caractère officiel de la célébration de la journée de la femme le 8 mars et en fait une célébration pour les Droits de la femme.

En 1983, la France ratifie, donne vie à la Convention adoptée par l’ONU en 1980 sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes et la loi sur l’égalité professionnelle définit enfin la notion de travaux à valeur égale et prévoit des mesures de rattrapage.

En 1984 les caisses d’allocations familiales sont habilitées à recouvrir les pensions alimentaires impayées.

1985 est l’année de la réforme des régimes patrimoniaux : la loi pose le principe de l’égalité des époux dans la gestion des biens communs et de ceux des enfants. De plus, les enfants légitimes peuvent porter, à titre d’usage, le nom de leur mère.

En 1986 une circulaire du premier ministre Jacques Chirac légalise l’emploi du féminin pour les noms de métiers et les titres : écrivaine, docteure, auteure etc.

En 1988 est signée une convention avec l’Algérie en matière de libre circulation des enfants de couples mixtes entre les deux pays : cela vise à régler les problèmes des rapts d’enfants par les pères algériens. La pilule avortive RU 486 est commercialisée.

En 1990, un arrêt de la cour de cassation précise que le viol peut exister entre époux et protège donc la femme, même mariée. De plus, une loi du 18 juillet donne aux associations luttant contre les violences familiales le droit de se constituer parti civile.

En 1991 une loi du 18 janvier autorise sous certaines conditions la publicité pour les contraceptifs et les préservatifs. Et en mai, une femme est nommée Premier ministre, Edith Cresson (sous François Mitterrand du 15 mai 1991 au 2 avril 1992) : elle est à ce jour la seule femme à avoir accédé à ce poste en France.

Le 29 avril 1992, le Conseil des Ministres a examiné un projet de loi présenté par Madame Neiertz, Secrétaire d’Etat aux droits des femmes et à la consommation "relatif à l’abus d’autorité en matière sexuelle dans les relations du travail".

L’année 1994 est marquée par l’entrée en vigueur du Nouveau Code pénal qui renforce la répression du viol, des violences et du proxénétisme.

En 1999 a lieu la réforme de la Constitution : la loi "favorise" l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.

Loi en faveur de la parité hommes/femmes en politique.

 

2)      Un pas en avant vers l’indépendance certes, mais de nombreux points peu convaincants

Avec ces nombreuses lois, la femme tend vers une certaine liberté. Cette dernière s’exprime premièrement dans le cadre professionnel : la femme du XXI ème siècle est considérée comme active, elle doit gérer à la fois son travail et son rôle de mère au sein même du foyer. Concilier vie professionnel et vie au foyer n’est pas chose facile, loin de là. En effet même si le congé maternité existe et est reconnu par les employeurs, il est difficile pour la femme de s’imposer professionnellement  et d’être prise au sérieux dans les classes socioprofessionnelles élevées : on constate que la majorité des femmes exercent un métier à qualification moindre que celui des hommes, travaillent à temps partiel (30% des femmes ayant un emploi travaille à temps partiel contre 5% pour les hommes) et que la plupart des CDD sont attribués à des femmes. Du côté du foyer, malgré le fait que les hommes s’invertissent de plus en plus dans les tâches liées à l’habitat, la femme reste un modèle de femme au foyer, même si cette dernière travaille. Elle doit donc jongler tant bien que mal, entre leurs responsabilités au travail, le maintien de la maison et les repas, l'école des enfants, les activités extrascolaires etc. Elle souhaite d’un côté s’investir pleinement dans sa carrière, mais aussi d’un autre côté s’investir auprès de sa famille : un équilibre est donc nécessaire.

Du côté de la loi, les textes ne correspondent pas avec la réalité. Certains exemples concrets peuvent être mis en évidence :

-          En juin 2000 la loi dite sur " la parité " est promulguée. Elle oblige les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes pour les élections régionales, municipales (dans les communes de 3500 habitants et plus), sénatoriales (à la proportionnelle) et européennes. Elle prévoit de pénaliser financièrement les partis ou groupements politiques qui ne respectent pas le principe de parité lors de la désignation des candidats pour les élections législatives. Dans la réalité,  cette loi ne s’applique pas : soit le parti politique préfère payer une simple amende plutôt que de respectée la parité sur sa liste électoral, soit une tactique est mise en place par rapport au placement des noms et influence le choix des électeurs.

 

 

 

 

-  la loi n°2006-340 du 23 mars 2006 relative à l'égalité salariale entre les femmes et les hommes n’est pas respectée dans la sphère privée, en moyenne l’écart entre la femme et l’homme travaillant tous deux avec le même statut s’élève à 25%.  

 

 

Écart de salaires mensuels nets entre les hommes et les femmes

en euros courants

2000

2005

2006

2007

Total

1 700

1 904

1 938

2 001

Hommes

1 825

2 037

2 075

2 145

Femmes

1 459

1 652

1 683

1 736

Différentiel F/H en %

-20,0

-18,9

-18,9

-19,1

Champ : salariés du secteur privé et semi-public.

Source : Insee, DADS.